L’Arte povera,


L’insignifiant au service de la contestation

 

Considéré comme une attitude plutôt qu’un mouvement par ses protagonistes, l’Arte Povera nait à Turin et à Rome, puis apparait rapidement sur la scène internationale dans les années 1960. Le terme Arte povera, inventé en 1967 par Germano Celant, critique et historien d’art, va désigner une aventure intellectuelle et artistique dont les fondements idéologiques l’opposent radicalement aux propositions formalistes des grands courants américains qui s’imposent à cette époque (Pop art, Op art, Art informel…). Entrant en guérilla contre la société de consommation triomphante des années 60, douze artistes italiens choisissent de réaliser leurs oeuvres dans des matériaux bruts : terre, sable, bois, objets de récupération, privilégiant le processus, le geste créateur, au produit fini. Bien qu'apparenté à l'art conceptuel pratiqué dans d'autres pays, notamment aux Etats-Unis, l'Arte povera a produit des oeuvres d'une identité et d’une singularité indiscutables.